LEO FERRE

Published on by YVAN BALCHOY

LEO FERRE

 

Léo Ferré, pourquoi t'en es-tu allé sur la pointe des pieds, comme pour ne pas déranger tes pôtes désemparés jeunes ou âgés, plutôt mal fagotés souvent mal "éduqués" tous tellement attachés à ton franc-parler

Tu n'aimais pas donné de leçons, tu nous as laissé des tas de chansons où tu nous cries ta passion de la vie, ta tendresse pour les filles surtout insoumises, ton horreur de toute hypocrisie, qu'elle se pare d'armes ou porte soutane.

Insensible ê ce chic lié au pouvoir du fric tu raillais férocement les bourgeoises de l'establishment, nouvelles précieuses ridicules dont tu avais envie de botter le cul alors qu'un petit pull sexy dans la foule te faisait bander tout maboule.

Don Quichotte d'aujourd'hui, tu fustiges jusqu'à tes amis les trouvant endormis ou par trop compromis au nom de cette société parfaite sans Dieu ni maître, sans cons, sans injustices, sans lois que tu idéalisais sans cesse en toi.

Il t'a fallu du temps, beaucoup de temps pour découvrir la beauté des visages ravagés, la splendeur de certaines "horreurs" l'inattendue espérance tout au bout de la désespérance.

Sur ta tombe que de fleurs, tous prétendent te faire honneur, ceux qui t'appréciaient à ta juste valeur, ceux que tu rejetais avec horreur, qu'importe, ne nous as-tu pas dit que la vérité attend souvent la tombe pour éclater !

Pour tes vrais copains demain t'appartient tes outrances sont sans importance au regard du message que tu nous laisses en héritage. Adieu, Léo, n'en déplaise aux enfoirés nous ne t'oublierons pas de sitôt, car en notre coeur aujourd'hui blessé le joli nom de FERRE nous donne une furieuse envie de LIBERTE

Yvan Balchoï : Thoiras en Cévennes le 20 juillet 1993

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